Le Shôtôkan Ryû Kasé Ha: Qu'est-ce que c'est?

Le Shôtokan Ryû Kasé Ha.

Pourquoi ce nom?

Shôtokan Ryû Kasé Ha.....Bien des choses se cachent sous cette appellation.

Traduction littérale, c'est le style de maître Kasé.

En 2004, Sensei Kasé nous a quitté mais son souvenir reste vivace et il est dans le dôjô à chaque ritsu-rei, en début de cours.

C'est dans le but de suivre son chemin que ce nom a été donné au club. Il est vrai aussi que l'inspiration vient de personnes comme Hassan, Christian, Jean-pierre mais aussi Abdé, Michel et Ibrahim. Ces noms peuvent ne pas vous sembler familiers mais ils le sont pour l'humble auteur de cet article, et ils ont toute sa gratitude.

Revenons un peu à ce qui nous occupait plus haut; pourquoi ce nom? Tout simplement pour signifier notre appartenance au style de karaté shôtôkan et précisemment de la branche de maître Kasé.

Une petite présentation s'impose sur le personnage.

Biographie "express":

Taiji Kase est né à Chiba, au Japon, le 9 février 1929 et mourut à Paris, le 24 novembre 2004 âgé de 75 ans. À 6 ans, il pratiquait déjà le Judo et obtint le 2e dan en 1944. Cette même année, il débuta sa pratique du Karaté-do au Shotokan-Dojo avec Sensei Gichin Funakoshi. Mais il assistait également à des cours de Karaté à l'Université de Shensu sous la direction d'instructeurs comme : Yoshitaka, Hironishi, Kamata, Okuyama, Hayashi, Uemura, Kubota, entre autres. À la fin de mars 1945, âgé de 16 ans seulement, il s'enrôla à l'armée, plus précisément dans le corps spécial des kamikazes. Mais, la guerre termina en août de cette même année, avant que son tour ne soit venu.

À la fin de la guerre, le Shotokan-Dojo fut détruit. Il se remit donc à la pratique du Judo jusqu'à ce que Gichin Funakoshi ait réuni de nouveau le groupe de Shotokan. En 1946, il obtint le Shodan de Karaté-do et en 1949, le Sandan, devenant le capitaine de son université, Senshu, où il obtint également son diplôme en sciences économiques en 1951. Il s'associa à la JKA (Japan Karate Association) pour être professionnel bien qu'il maintint toujours son lien avec la NKS (Nihon Karate-Do Shotokai). Du fait de sa valeur technique et de son esprit combatif, il parvint à devenir instructeur de Kumite des instructeurs de la JKA, parmi lesquels se trouvaient Enoeda, Ochi et Shirai. En 1964, il quitta le Japon en tant qu'ambassadeur du Karaté JKA pour donner cours dans de nombreux pays, jusqu'en 1967, où il arriva en France et s'installa définitivement à Paris, devenant l'Instructeur Chef de la JKA en Europe.

Les karatékas de l'époque restèrent fascinés par ses Ushiro Geri et ses Kaiten Geri, ses techniques de main ouverte, ses déplacements rapides et précis, ses Kamae et les Oyo-Bunkai, une autre de ses spécialités. Mais, de manière générale, ce qui nous a le plus impressionné, c'est son naturel, son efficacité et comment il a su transmettre les aspects les plus subtiles du Budo.

Entre 2002 et 2004, il a fondé la « Shotokan Ryu Kasé-Ha Instructor Academy » dans le but de former ses élèves et suiveurs du monde entier et de garantir son héritage pour la postérité.

Il nous parlait toujours de trois étapes dans l'évolution du Karaté : celle d'Okinawa, la japonaise et l'étape de Yoshitaka. Et bien qu'il ne l'aurait jamais dit (par modestie) ses élèves et quiconque ayant connu son Karaté, ajoutèrent une étape de plus, celle de Sensei Kase (Kase Ha). Mais avant tout, Sensei Kase fut un homme simple et aimable, qui rayonnait de chaleur humaine et possédaient une connaissance insondable du Budo que très peu parvinrent à atteindre. Je ne vais pas refaire ici encore l'apologie de sa gentillesse et de ses autres talents mais simplement faire remarquer que toutes celles et ceux qui ont croisé son chemin s'accordent à dire que l'homme avait quelque chose d'indéfinissable et de grand.

Vous comprenez maintenant pourquoi ce nom et l'implication de tout ceci dans la direction à donner à la pratique et son enseignement. Le travail des désaxes, les mains ouvertes, les déplacements, les combinaisons, le mouvement et le réalisme des enchainements, la recherche de l'éfficacité et finalement de l'accomplissement de l'individu sont autant de pistes laissées par Senseï Kasé. Une refonte en profondeur de la façon de concevoir notre art martial et l'envie de s'élever à un meilleur niveau, pas seulement technique, constitue un véritable challenge pour certains et pour d'autres une suite logique, l'une des constantes de notre monde étant le changement.

Pour la fin de cet article dédicace karaté très personnelle à Jambes-de-feu, L'ombre blanche, Dalaï-lama, Nono, Ninja, Julio, Jean-Pierre L. Sans oublier bien entendu tous ceux qui ont franchi les portes du dôjô et partagé joies et peines.

Les mots ne pouvant pas tout exprimer; Christian et Hassan pour votre soutien inconditionnel et votre confiance: Hontôni arigato.


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